illusion
illusion
n.f. [ lat. illusio, de illudere, se jouer de, de ludere, jouer ]1. Erreur de perception qui fait prendre une apparence pour la réalité : J'ai cru voir une marmotte sur ce rocher, mais ce n'était qu'une illusion hallucination, vision
2. Erreur de l'esprit ; croyance fausse : Les illusions d'une jeune chanteuse à qui on a promis une belle carrière chimère, rêve, utopie ; désillusion
Faire illusion,
donner de soi une apparence flatteuse mais erronée : Il a fait illusion quelque temps devant ses futurs beaux-parents.
Illusion d'optique,
erreur visuelle relative à la forme, aux dimensions, etc., des objets : Un mirage est une illusion d'optique.
Se faire des illusions,
nourrir de fausses espérances ; se tromper : Si tu crois qu'on va te proposer ce poste, tu te fais des illusions.
Maxipoche 2014 © Larousse 2013
ILLUSION
(il-lu-zion ; en vers, de quatre syllabes) s. f.1° Erreur qui semble se jouer de nos sens, les tromper. C'est une illusion, quand, dans un bateau qui marche rapidement, on croit voir le rivage s'enfuir.
Elle croit voir encor son volage héros ; Et, cette illusion soulageant sa disgrâce, Elle le rappelle en ces mots.... [J. B. ROUSS., Cantate, Circé.]
Zamore aux pieds d'Alzire ! Est-ce une illusion ? [VOLT., Alz. III, 4]
La révolution diurne du ciel ne fut qu'une illusion due à la rotation de la terre [LAPLACE, Expos. V, 4]
Illusion d'optique, erreur du sens de la vue sur l'état des corps, naturelle comme le mirage, ou artificielle comme celle que produisent la plupart des instruments d'optique. Terme de médecine. Illusion morbide ou pathologique, trouble des sensations dans lequel il y a pour point de départ une impression réelle, mais dans lequel la transmission ou la perception est irrégulière.
2° Dans les beaux-arts, et spécialement au théâtre, état de l'âme qui fait que nous attribuons une certaine réalité à ce que nous savons n'être pas vrai.
Plus d'intérêt sans illusion, plus d'illusion sans vraisemblance [MARMONTEL, Mém. IV]
Dans les arts d'imitation, la vérité n'est rien, la vraisemblance est tout, et non-seulement on ne leur demande pas la réalité, mais on ne veut pas même que la feinte en soit l'exacte ressemblance.... en un mot l'illusion ne peut ni ne doit être complète [, Encyclop. mot illusion]
3° Fausse apparence que l'on attribuait au démon ou à la magie. Ce sont des illusions du démon.
4° Erreur qui semble se jouer de notre esprit, le tromper.
Ainsi la vie humaine n'est qu'une illusion perpétuelle : on ne fait que s'entre-tromper et s'entre-flatter [PASCAL, Puissances trompeuses, Amour-propre, édit. FAUGÈRE.]
L'Ecclésiaste, faisant le dénombrement des illusions qui travaillent les hommes, y comprend la sagesse même, parce qu'il y a une fausse sagesse qui, se renfermant dans l'enceinte des choses mortelles, s'ensevelit avec elle dans le néant [BOSSUET, Duch. d'Orl.]
Comme Dieu ne voulait plus exposer aux illusions du monde les sentiments d'une piété si sincère [ID., ib.]
L'illusion des amitiés de la terre qui s'en vont avec les années et les intérêts [ID., Anne de Gonz.]
Les cris du sang, sa force et ses impressions, D'un cœur toujours trompé sont les illusions [VOLT., Mah. IV, 1]
Faire illusion à quelqu'un, lui faire croire qu'on a plus de mérite, plus de crédit, etc. qu'on n'en a réellement. Se faire illusion à soi-même, s'abuser soi-même. Je cherchai longtemps à me faire illusion sur ses défauts.
5° Sorte de rêves ou de fantômes qui flottent devant l'imagination. De douces illusions.
Flatteuse illusion, erreur douce et grossière, Que tu sais peu durer et tôt t'évanouir ! [CORN., Hor. III, 1]
L'heur que je t'apporte est sans illusion [ID., Théod. V, 3]
Il était même tenté de croire qu'il ne veillait pas et qu'il était dans l'illusion d'un songe [FÉNEL., Tél. IX]
On ne peut y vivre [dans le monde] qu'avec des illusions ; et, dès qu'on a un peu vécu, toutes les illusions s'envolent [VOLT., Lett. Mme du Deffant, 2 juill. 1754]
L'illusion féconde habite dans mon sein ; D'une prison sur moi les murs pèsent en vain, J'ai les ailes de l'espérance [A. CHÉN., Jeune captive.]
Le temps n'en était pas encore venu pour Corinne ; il lui fallait encore des illusions, elle voulait encore du bonheur [STAËL, Corinne, XVII, 2]
L'âme à cet âge n'a plus la force de se suspendre aux illusions, fils dorés que du haut du ciel l'espérance jette à la jeunesse [CH. DE BERNARD, la Cinquantaine, § XI]
6° Pensée, imagination chimérique. Les illusions de l'amour-propre. C'est un homme plein d'illusions, sujet à des illusions, qui se repaît d'illusions. Ses prétentions sont une pure illusion.
Aucune illusion ne doit plus te flatter [CORN., Cinna, IV, 7]
Par quelle illusion m'oses-tu conseiller... ? [ID., Perth. III, 4]
L'empereur s'y prêtait complaisamment [au zèle de ses soldats], s'aidant de tout pour espérer, quand vinrent tout à coup les premières neiges ; avec elles tombèrent toutes les illusions dont il cherchait à s'environner [SÉGUR, Hist. de Nap. VIII, 11]
SYNONYME
- ILLUSION, CHIMÈRE. L'illusion est l'effet d'une apparence trompeuse qui nous déçoit. La chimère est indépendante de toute apparence, et la cause en est purement imaginaire. Avoir une illusion, c'est voir d'une manière fausse des choses qui existent ou peuvent exister ; au lieu que les chimères sont sans aucun point de départ réel ou objectif.
HISTORIQUE
- XIIe s.
Fait sumes reproce à nos veisins et illusiun [moquerie] [, Liber psalm. p. 112]
- XVIe s.
Il eut en dormant une illusion damnable, c'est qu'il luy fut advis qu'il... [AMYOT, Caes. 52]
Et de fait, jamais n'eussent esté si vilainement abusez des illusions de Satan, s'ils n'eussent desjà esté ensorcellez de cest erreur [CALV., Inst. 1105]
ÉTYMOLOGIE
- Provenç. illusio ; espagn. ilusion ; ital. illusione ; du lat. illusionem, de il pour in, dans, et lusum, supin de ludere, jouer : action de jouer dans.
SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE
- ILLUSION. Ajoutez :
- XVIe s. Ajoutez :
L'honneur tant désiré n'est qu'une vision, Qui, troublant nos esprits par son illusion, Fait quitter l'heur present.... [DESPORTES, Diverses amours, XL, Complainte pour le duc d'Anjou.]
7° Tulle-illusion, voy. TULLE au Supplément.
HISTORIQUE
Émile Littré's Dictionnaire de la langue française © 1872-1877
illusion
ILLUSION. n. f. Fausse apparence matérielle ou morale qui, en nous faisant voir les choses autrement qu'elles ne sont, semble se jouer de nos sens ou de notre esprit. Illusion d'optique. Illusion théâtrale. Le mirage est une illusion. Le relief dans la peinture fait illusion.
Il signifie aussi Erreur des sens ou de l'esprit produite par ces fausses apparences. Quand on est dans un bateau en marche et que le rivage semble fuir, cette sensation est une illusion des sens. Être dans l'illusion. Se prêter à l'illusion.
Il s'est dit spécialement des Fausses apparences que l'on attribuait au démon ou à la magie. Illusion diabolique. Illusion magique.
Il se dit encore de Toute erreur flatteuse qui abuse l'esprit. On a dit que la vie humaine n'est qu'une illusion perpétuelle. L'illusion de l'amour.
Faire illusion à quelqu'un, Lui paraître autre que l'on n'est réellement.
Se faire illusion à soi-même, S'abuser soi- même et à son avantage.
Il se dit aussi des Pensées et des imaginations chimériques. C'est un homme plein d'illusions. Cet échec dissipera toutes ses illusions. Les illusions de l'amour-propre. Ses prétentions sont une pure illusion. Être séduit par quelque illusion.
Il se dit pareillement de Certains songes, de certains fantômes qui flattent ou qui troublent l'imagination. Une illusion agréable. De douces illusions. Le jour vint dissiper les illusions qui avaient enchanté mon sommeil.
Dictionnaire de L'Académie française 8th Edition © 1932-5
illusion
Illusion, Visum, Phantasma.
Jean Nicot's Thresor de la langue française © 1606
illusion
ILLUSION, s. f. ILLUSOIRE, adj. ILLUSOIREMENT, adv. [Il-lu-zion, zoâ-re, re-man: 3e lon. 4e e muet au 2d et 3e.] L'illusion est une aparence trompeûse; un fantôme, une imagination chimérique. "Une illusion agréable; de douces illusions. "Il ne se repaît que d'illusions. = Illusoire, capable de tromper par une fausse aparence. "Contrat, proposition, demande illusoire. = Illusoirement, d'une manière illusoire. Celui-ci n'est d'usage qu'au Palais.
Jean-François Féraud's Dictionaire critique de la langue française © 1787-1788